Innovation, expérimentation et évaluation dans les territoires : Quelles articulations dans la fabrique des politiques publiques ? - 24 mars 2017

Même si l’innovation sociale n’est pas un objet clairement défini, on peut a minima affirmer que ce concept polysémique désigne un ensemble de pratiques variées visant à « faire autrement ». Ces pratiques ont en commun le fait qu’elles visent « plus ou moins directement à permettre à un individu – ou un groupe d’individus – de prendre en charge un besoin social – ou un ensemble de besoin – n’ayant pas trouvé de réponses satisfaisantes par ailleurs » (Chambon at al., 1982). Les modalités de cette prise en charge peuvent être diverses, mais tendent à s’appuyer sur des collectifs et sur l’émergence de nouvelles formes de relations et d’organisations sociales. Elle peut amener les acteurs à réfléchir sur l’objectif général d’amélioration de la qualité de vie et du mieux-être, sur les réponses et/ou sur les préventions des problèmes sociaux, etc (Informations sociales, 2012).
Parallèlement, dans l’action publique, en France, se développe l’expérimentation sociale, à la fois nouvelle pratique et démarche d’évaluation – avec les méthodes d’expérimentations contrôlées par assignation aléatoire, en comparant l’application d’une pratique novatrice dans un groupe test avec la situation d’un groupe témoin qui ne connait pas ce changement. Ces pratiques et méthodes sont porteuses de la promesse de faire autrement des politiques sociales, en d’autres termes d’une nouvelle fabrique de (nouvelles) politiques publiques.
La loi institutionnalise ces pratiques et méthodes avec la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 relative à l’organisation décentralisée de la République ainsi que la loi organique du 1er août 2003 qui introduisent la possibilité pour les collectivités territoriales de réaliser des expérimentations, c’est-à-dire de tester une politique publique ou un programme, de l’évaluer et de généraliser le cas échéant. La loi du 13 août 2004 va même plus loin en autorisant l’expérimentation pour les fonds structurels européens. Celle du 21 août 2007, quant à elle, a permis l’expérimentation du Revenu de Solidarité Active (RSA).
Cette journée conduira à examiner en quoi les techniques, les processus et les outils évaluatifs permettent d’appréhender l’expérimentation sociale et l’innovation sociale à partir des pratiques pour aller vers les méthodes puis une réflexion sur la fabrique des politiques sociales. Elle s’inscrit dans le prolongement de la journée d’étude nationale du 18 décembre 2015, afin de poursuivre les réflexions sur les apports croisés de la pratique et de la recherche dans l’articulation des approches quantitatives et qualitatives pour l’évaluation.
Il s’agira, ainsi, d’apporter un éclairage sur les principales questions posées en lien avec l’évaluation : lorsqu’on parle d’expérimentations, d’innovations sociales et de leur évaluation, de quoi parle-t-on ? Quelles sont les pratiques ? Quelles sont les méthodes ? Quels apports et limites ? Pourquoi et dans quels buts ?

Programme

8h30      Accueil

9h00      Introduction de la journée – Centre de Recherche en Économie de Grenoble (CREG-UGA) Société française de l’évaluation. Alain Laurent, Faculté d’économie de Grenoble, Jean François Ponsot, Directeur du Creg et Pierre Savignat, Président de la SFE

Anne Le Roy, Creg UGA : Objectifs de la journée et lien avec la journée 2015

9h30      Les pratiques de l’innovation sociale et de l’expérimentation sociale, Président Bruno Lamotte, Creg UGA

Quelles conceptions et pratiques des innovations sociales et des expérimentations sociales ?

  • Gilbert Berlioz, sociologue, Cabinet CRESS
  • Nicolas Chauchoy, socio économiste, Institut Godin

Discutant : Pierre Le Quéau, sociologue, Pacte UGA

11h00    Les méthodes d’expérimentation par assignation aléatoire. Apports et limites Fiona Ottaviani, Présidente, Chaire Mindfulness, Bien-être au Travail et Paix Economique, GEM et Creg UGA

Recourir aux méthodes d’expérimentations par assignation aléatoire pour mesurer les impacts des actions publiques est aujourd’hui fréquent. Quelles sont les implications, les conséquences du recours à ces méthodes en matière de conception et d’évaluation des politiques ?

  • Jean Michel Bonvin, sociologue, Université de Genève
  • Arthur Jatteau, Economiste et sociologue, IDHES, ENS Cachan

Discutante : Anne Le Roy, Creg UGA, économiste

12h30      Déjeuner sur place

14h00    Expérimenter, Innover, Évaluer : comment généraliser ? Quelle fabrique des politiques ? Présidente Valérie Fargeon, Creg UGA

Dans quelle mesure observe-t-on un renouvellement de l’action publique ? Dans quelle mesure et à quelles conditions peut-on envisager le passage de l’expérimentation à la généralisation et à la construction de nouvelles politiques ?

  • François Legendre, Economiste, Paris-Est-Créteil Val-de-Marne
  • Guillaume Vallet, Economiste & sociologue Creg, UGA " Financer l'innovation sociale: "Leçons" à partir du cas de la Suisse"

Discutant : Malik Allam, sociologue, UGA et Grenoble-Alpes Métropole

15h30    Synthèse la journée, Pierre Savignat, Président de la SFE

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Informations pratiques

La journée se tiendra à l’université de Grenoble Alpes (UGA) - Amphi Multimédia de l’Institut d’urbanisme de Grenoble (IUG) - 14 avenue Marie Reynoard - 38100 Grenoble
Comment venir à l’Amphi multimédia :

  • Depuis la gare Tram ligne A direction Echirolles Denis Papin arrêt La Bruyère
  • Depuis la rocade Sud : sortie Grand Place

Renseignements

SFE - 111 rue de Montreuil - 75011 PARIS
Téléphone : 01 45 41 58 40
Courriel : sfe.secretariat@orange.fr

Inscriptions

Les frais d’inscription (incluent le buffet)

  • 20 euros pour les étudiants, sans emploi ou retraités adhérents à la SFE
  • 95 euros pour les adhérents
  • 180 euros pour les non adhérents

Pour s'inscire, deux possibilités :

Date: 
Lundi, 23 janvier, 2017